xGeneviève. J'essaie de prononcer ton nom. Je le chuchote pour faire cesser le tremblement de mes mains, le tremblement de mon corps. Geneviève. C'est difficile. Depuis que j'ai lu ta lettre, depuis le fracas silencieux de la lecture de ta lettre, depuis qu'il n'y a plus que toi et rien ni personne d'autre, comme si le monde s'était soudain révélé un misérable décor de carton-pâte et que, les pans du carton effondrés, étaient apparus les murs entre lesquels je vis enfermé, des murs qui ne peuvent accueillir que toi et moi, les autres ne pouvant nous rejoindre, les autres étant ailleurs, loin, loin de nous puisque ces murs sont notre solitude, toi te heurtant à moi, moi me heurtant à toi, sans que ni l'un ni l'autre ne puissent échapper à cette fatalité, depuis cet après-midi c'est la même épuisante sensation, je prononce ton nom et chaque fois il me semble ne pas être celui qui le prononce, comme si un autre se substituait à moi, comme si un autre s'emparait de moi; comme si j'allais bientôt m'effacer.
Je me perds. Qu'on me sauve, je me perds.
Qu'on me prenne dans les bras.
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Parce qu'on n'oublie rien, je le sais ce soir. On n'oublie rien. Quand bien même on s'est efforcé du contraire : le passé vit en nous. Masse informe tapie au plus profond de soi, qu'on pourrait croire endormie mais qui veille... Alors, eux, ces êtres de lumière : comment font-ils?
● Єυα-Aℓεxαηdŗα ●